Histoire de la joute et règles principales

Les origines de la joute

On trouve trace de la joute dans la civilisation égyptienne antique, mais ce « sport national » de la vallée du Rhône, et des autres fleuves français, existe depuis le XVII ème siècle sous une pratique proche de celle d’aujourd’hui.

A l’origine, il s’agissait d’un défi entre les mariniers, qui mesuraient ainsi leurs forces respectives.

Ces combats fraternels donnaient l’occasion aux mariniers des différents bourgs rhodaniens de se mesurer afin de décider lequel était le champion de la vallée.

C’était l’effervescence dans toute la ville. Il y avait de véritables clubs de supporters locaux, qui donnaient de la voix durant les confrontations.

Parlons technique à présent.

Les règles de la joute

Chaque équipe est montée sur un bateau spécial, servant uniquement lors des joutes. L’un est bleu, l’autre est rouge. Autrefois, beaucoup prenaient les noms de « prends te garde » et « tiens-toi bien »…

Une équipe se compose d’un lieutenant qui est à la proue, de 8 à 12 rameurs qui joutent à tour de rôle , vêtus des couleurs de leurs club (la coutume s’est perdue qui voulait qu’ils soient tout en blanc, avec un bonnet de police bleu ou rouge selon les équipes, de deux barreurs en costumes et enfin du jouteur).

Tous tiennent une arpaillette (rame à manche court) servant à propulser le bateau. On arrive donc à un nombre de 16 hommes par équipe.
Aujourd’hui les bateaux sont propulsés par des moteurs.

Une fois les bateaux en place, la joute peut commencer : elle consiste en plusieurs passes, ou les bateaux se croisent de face. La première passe est la passe d’honneur : les deux premiers jouteurs se croisent, lance verticale, en se serrant la main.

Pour les suivantes, ils sont debout sur le tabagnon, sorte de plate-forme située à l’arrière du bateau, ce qui les fait appeler les chevaliers du tabagnon. Ils se relèvent à chaque passe.

Il existe deux méthodes de joutes en vallée du Rhône : la Lyonnaise et la Givordine. Dans le premier cas les bateaux se croisent par la gauche, alors qu’à la Givordine, les bateaux se croisent par la droite.

Avant le face à face, les deux jouteurs ajustent leurs plastrons, sorte de bouclier (aux couleurs du bateau) qui recevra le crampon en acier de la lance adverse. Les jouteurs doivent piquer au centre du plastron appelé « neuf » (les anciens plastrons étaient faits de neuf carrés dont le neuf central).

Chaque jouteur, lance levée, s’étampe. Il met son pied arrière en appui contre un petit taquet et se retrouve (aujourd’hui) pratiquement dans la position du grand écart. Le bourron fixé sur la jambe droite, sert d’appui à la main droite qui tient la lance par la poignée.

Durant le parcours séparant les deux bateaux, les jouteurs abaissent lentement leur lance, longue de 4 à 6 mètres et taillée dans du sapin ou du mélèze assoupli par un séjour dans l’eau. Puis c’est le choc entre les deux hommes par lance interposée ; le crampon se fiche au centre du plastron adverse, les deux lances fléchissent, s’incurvent. Celui qui est le plus fort et le mieux campé sur ses jambes réussit à déséquilibrer son adversaire qui tombe à l’eau. Il arrive parfois que l’une des deux lances casse sous le choc puissant.

Les 3 fautes principales qui font perdre le jouteur, même s’il ne tombe pas à l’eau, sont :

  • le briquet, qui est l’action de faire toucher le tabagnon par une autre partie du corps que les deux pieds pendant l’affrontement
  • le manqué du neuf : qui est l’action de ne pas piquer le plastron de l’adversaire dans son centre.
  • le lâcher : qui est l’action de lâcher sa lance pendant l’affrontement.

Ce sport, faisant intervenir force, équilibre, souplesse et adresse, a toujours fait l’unanimité sur les rives du Rhône et des autres fleuves. En effet, les coutumes bien ancrées en vallée du Rhône, font intervenir la bravoure, la loyauté et l’amitié, toutes les qualités qui tiennent à cœur à tous les hommes du fleuve.
Cette activité de plein air estivale reste une institution conviviale, non violente, amusante et pleine de respect pour l’adversaire.

Les débuts de la joute à Vienne (Rhône-Alpes)

L’hiver 2004 2005 a vu la création d’une équipe de joute nautique méthode givordine sous l’impulsion de Louis Patard, ancien jouteur, et membre du bureau du club d’aviron.

Grâce à l’aide de la mairie viennoise, le club a pu acquérir les deux premiers bateaux de joute en bois provenant du club de Chasse sur Rhône. Il a fallu pas moins de 4 mois de travaux pour les réhabiliter. Des moteurs et quelques lances ont été achetées pour débuter cette activité et s’entraîner sur l’eau dès le mois de mai 2005.

Parallèlement, les entraînements hivernaux en salle eurent lieu au gymnase de l’Isle à Vienne.
Dès juillet 2005, la ligue Rhône Alpes a confié au club l’organisation d’un tournoi au pied de la tour des Valois à Sainte Colombe les Vienne.
Depuis, chaque année, le club organise le tournoi de la municipalité à l’Ile Barlet sur la commune de Saint Romain en Gal, à proximité du club.

L’équipe est passée de 12 jouteurs à une trentaine en 2012.

2007 a vu les premiers bons résultats honorer le club : 2 jouteurs ont accédé au titre de champion de France dans les catégories cadet léger (- de 65 kgs) et sénior léger (moins de 70 kgs) cette année là. 2008 et 2009 n’ont pas fait exception à la règle et ont permis de conforter la bonne santé de cette activité.

En 2010, le club a accepté l’organisation de la finale de la coupe de France. Un travail énorme a été réalisé par Louis Patard et les bénévoles pour que cette manifestation soit une réussite.

Pour une premier tournoi de cette importance, ce fut une réussite en terme d’affluence (5000 personnes) du temps affiché durant deux jours, et des prestations assurées par les jouteurs des catégories « cadets légers » jusqu’au « juniors lourds ».

L’idée de proposer dans l’avenir une nouvelle candidature pour ce type de compétition germe dans l’esprit des jouteurs et de son président dès que la restructuration du club sera terminée.

Les années 2008 à 2012 ont été marquées bien sûr par des titres honorifiques jusqu’à celui d’Adam Lanzas en 2012 avec le titre de Champion de France cadets lourds.